après la mort - Upanishad
Quatrième lecture. Quatrième Brahmana
1. « Quand cet âtman corporel, étant tombé dans un état de faiblesse, tombe dans une sorte d'égarement, à ce moment tous ces souffles viennent s'assembler autour de lui. Ayant recueilli ensemble ces particules d'éclat, il descend tout du long au cœur.
2. « Et lorsque ce purusha qui est dans l'œil s'en retourne en arrière, alors il ne connaît plus la forme : il devient un, il ne voit plus, dit-on ; il devient un, il ne sent plus, dit-on ; il devient un, il ne goûte plus, dit-on ; il devient un, il ne parle plus, dit-on ; il devient un, il n'entend plus, dit-on ; il devient un, il ne pense plus, dit-on ; il devient un, il ne touche plus, dit-on ; il devient un, il ne discerne plus, dit-on.
3 « Et de son cœur la point luit ; et à l'aide de cette lueur cet âtman s'en va, soit par l'œil, soit par la tête, soit par d'autres parties du corps. Quand il sort et monde, le souffle sort et monte à la suite. Quand le souffle sort et monde à la suite, tous les souffles sortent et montent à la suite. La plénitude de la connaissance descend à la suite ; celui-là qui est le connaissant devient le connaissant qui discerne. Celui-là, la science et l'œuvre ensemble s'accrochent ensuite à lui, et aussi ses capacités antérieures.
4 « C'est comme une chenille qui, arrivée au bout d'un brin d'herbe, contracte son âtman ; de même ce purusha, ayant jeté bas ce corps, l'ayant fait passer à l'ignorance, contracte son âtman.
5. « C'est comme un orfèvre qui, ayant pris une pièce d'orfèvrerie, fabrique une forme plus neuve et plus belle ; de même ce purusha, ayant jeté bas ce corps, l'ayant fait passer à l'ignorance, se fabrique une forme plus neuve ou de Pitri, ou de Gandharva, ou de Brahma, ou de Prajâpati, ou de Dieu, ou d'homme, ou de quelque autre être.
6. « En vérité, c'est Brahma, cet âtman fait de discernement, fait de manas, fait de voix, fait de souffle, fait d'œil, fait d'oreille, fait d'espace, fait de vent, fait d'éclat, fait d'eau, fait de terre, fait de colère, fait de non-colère, fait de joie, fait de non-joie, fait de dharma, fait de non-dharma, fait de tout.
« Et lorsque l'on dit : - il est fait de ceci, il est fait de cela, - tel il agit, tel il se conduit, tel il devient. Agissant bien, il devient bon ; agissant mal, il devient mauvais ; il devient saint par l'œuvre sainte, mauvais par la mauvaise.
[...]
11. « Et voici des stances :
« Tenu est le chemin, long, ancien : je l'ai touché, je l'ai trouvé tout au long. C'est par là que les nobles s'en vont, qui connaissent le Brahma, s'élevant vers le monde du Svarga, affranchis d'ici.
12. « Sur ce chemin il y a, dit-on, du blanc, du bleu, du roux, du vert, du rouge (1): ce chemin a été trouvé tout au long par le Brahma ; c'est par là que va celui qui connaît le Brahma, éclatant et aux œuvres saintes.
13. « Ils entrent dans les ténèbres aveugles, ceux qui professent la négation des renaissances ; il y a plus de ténèbres encore pour ceux qui se plaisent dans les renaissances.
14. « Ces mondes-là s'appellent asuryas ; ils sont enveloppés par des ténèbres aveugles. C'est là qu'après la mort s'en vont ceux qui ne savent pas, ceux qui ne comprennent pas.
15. « Ce que nous sommes, c'est cela, oui cela, que nous devenons ; si on ne le sait, grandes est la perdition. Ceux qui ont appris cela, ceux-là deviennent immortels, et les autres c'est à la Douleur qu'ils vont.
16. « S'il discernait l'âtman, en se disant : - Je le suis, - le purusha, que désirant, pour l'amour de quoi, circulerait-il à la suite du corps ?
17. « Celui par qui a été trouvé à la piste, clairement illuminé (2), celui-là est l'auteur universel, car il est l'ouvrier de toutes choses ; à lui le monde, c'est lui le monde.
18. « Lorsqu'il le suit des yeux, l'âtman, le Dieu, face à face, le Seigneur du passé et du futur, alors il n'a plus d'incertitude.
19. « Celui en qui les cinq Cinq (3) et l'espace ont leur point d'appui, c'est lui que je considère comme l'âtman, moi sachant, lui Brahma, moi immortel, lui immortel.
20. « Celui vers qui l'année avec les jours se déroule, les Dieux l'adorent comme la lumière, comme la vie, comme l'immortel.
21. « Le souffle du souffle, et l'œil de l'œil, et l'oreille de l'oreille, la nourriture de la nourriture, le manas du manas, ceux qui l'ont appris, ceux-là ont reconnu le Braham, antique, initial. C'est le manas qu'il faut l'atteindre ; il n'y a pas ici-bas de divinité.
22 « De la mort il passe à la mort, celui qui voit ici comme de la diversité ; c'est par le manas qu'il faut le suivre du regard ; il est l'impérissable, le stable.
23. « Sans poussière, par-delà l'espace, le non-né, l'âtman, le grand, le stable : que le brahmane, dans sa sagesse, l'ayant discerné, réalise la science. Que sa pensée ne poursuive pas des morts en multitude : ce n'est que fatique de parole.
24. « En vérité, cet âtman est le Maître de tout, le Seigneur de tout, le Souverain de tout ; il gouverne l'Univers, tout, tant qu'il est ; celui-là, par l'action bonne ne grandit pas, ni par l'action mauvaise ne diminue ; c'est lui le Souverain des êtres, c'est lui le Seigneur du monde, c'est lui le Gardien du monde. C'est la digue qui borde ces mondes, pour les empêcher de se confondre.
____________
(1) L'arc en ciel des dieux
(2) Le mot pratibuddha du texte est un des indices qui décélent l'approche du bouddhisme. Cf. Oldenberg, Bouddha, trad. A. Foucher. Alcan, 1893. P51
(2) Le mot pratibuddha du texte est un des indices qui décélent l'approche du bouddhisme. Cf. Oldenberg, Bouddha, trad. A. Foucher. Alcan, 1893. P51
(3) Les dieux, les hommes, les Gandharvas, les Nagas, les Pitris.
Extrait de « L'Ipanishad du Grand Aranyaka» page 107 à 111 - A-Ferdinand Herold -1894
Disponible chez Gallica.
Commentaires
Enregistrer un commentaire