Endormissement insolite
C'est le récit d'une observation en temps réel de la décorporation d'un enfant et de sa réincorporation pour le moins voulu.
Cet après midi-là, au moment de sa sieste, mon bambin avait réclamé ma présence à ses côtés. C'était une attention nécessaire, car il est encore incapable d'expliquer son malaise. Je sentais aussi cette gêne depuis un moment (une manifestation vibratoire dans notre environnement), mais aucune difficulté à la gérer. J'imaginais que son endormissement ne traînerait pas, et que je pourrai vaquer ensuite à d'autres occupations. Sauf que ce ne fut pas aussi simple : au moindre mouvement de ma part, les yeux se tournaient vers moi dans une supplique silencieuse. Bon. Il me faudrait un peu plus de patience... Sans le vouloir vraiment, et surtout, sans rien connaître de son implication, je m'appliquais à le rassurer par la pensée. Les mots doux, calmes et rassurant eurent raison de sa vigilance. Le corps de mon fils se détendait progressivement. Sa respiration devenait plus ample. Comme à chaque fois, son corps énergétique prenait une consistance particulière et se déplaçait vers la poitrine. En attendant encore un peu, ce volume se dégonflerait subitement en empruntant les jambes. Il s'endormit pour de bon. Tout attentif que j'étais au mouvement de son énergie, je continuais de lui parler. Son corps subtil s'étira comme un ballon dégonflé tenu par un fil et il prit une forme qui lui ressemblait. Il m'a parut un peu plus vieux sur le moment. Sans vraiment m'en rendre compte, je l'observais tranquillement, en train de planer à un mètre au dessus de nous. Puis, son visage se tourna vers moi et il me demanda de rester à ses côtés. Bien sûr, je voyais bien qu'il était à deux endroits en même temps, mais ce n'est pas pour autant que je réagissais. Toujours à peine conscient, je continuais de lui dire qu'il pouvait dormir et que j'allais bientôt sortir de sa chambre. C'est sa réaction qui me sortit de ma torpeur, car brusquement je l'ai vu pleurer. Ce n'était pas son corps physique qui pleurait, non, mais lui, dans son corps astral. C'était saisissant ! Ensuite, je l'ai vu immédiatement réintégrer son corps, se réveiller brusquement, et pleurer dans une étonnante continuité. Tout étonné, je l'ai calmé. Nous avons fini par nous endormir ensemble. Depuis ce jour-là, je me dis que j'ai apprit, sans l'ombre d'un doute, que depuis longtemps déjà beaucoup de mes conversations avec une population d'invisibles hétéroclites étaient en fin de compte bien réelles.
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