Désamorcer la mauvaise image de soi
"Mesure tes forces d’après tes aspirations et non tes aspirations d’après tes forces."
Adam Mickiewicz (1788 - 1855)
Nous pensons généralement en terme de contraintes tout ce qui nous enlève de la liberté ou de la spontanéité : c’est pourquoi nous croyons que toutes les contraintes que l’on s’impose journellement nous enlève du bien-être ; pourtant, il suffirait parfois de trouver un quelconque intérêt ou du sens à l’existence de ces contraintes pour qu’elles soient plus douces à vivre ou plus faciles à appréhender dans le futur ; si certaines contraintes sont difficiles à éviter, il n’en est pas moins vrai que nous avons le choix de nous les imposer ; il ne faut pas oublier que nous y avons mis nos priorités (1), c’est nous-même qui en avons décidé ainsi. Il est encore temps de faire un peu de ménage...
Il est plus facile de présumer de ses incapacités que de chercher une solution : il est plus facile de se dévaloriser en se disant "nul(e)" pour justifier et reporter la faute sur une situation ou sur les autres que de remédier aux faits avec détermination. C’est la raison pour laquelle il arrive fréquemment que l’on subisse les situations ou les autres ; je ne dis pas que l’on peut tout éviter, mais il y a un monde entre laisser faire les choses et orchestrer sa vie. Oui ! Il y a des avantages et certains inconvénients dans chaque cas : alors, à vous de voir à quoi votre existence est dévolue. Pour trouver une solution à un problème existentiel, il faut commencer par vaincre sa propre inertie, c’est à dire, de comprendre le mode de pensées qui nous encroûte dans une situation inconfortable (lire "contraire au confort"); avec un peu de persévérance, il est facile de découvrir que l’on est à la fois son juge... et son bourreau (2). Il me semble que c’est un bon début que celui d’analyser son environnement, ses facultés à s’y intégrer, et ses trucs et astuces ou ses prétextes qui conduisent à l’évolution de sa situation. Le changement est un choix que l’on peut faire à n’importe quel moment (et c’est bien ça l’essentiel). Trouver le bonheur ou le bien-être, c’est avoir découvert comment améliorer son existence physique et appris à moins se polluer l’esprit.
Cela signifie qu’il faut accepter d’être égoïste, mais de cet égoïsme qui donne des limites aux intrusions non souhaitée de l’environnement et de la vie des autres pour satisfaire la quiétude intérieure (nous y reviendrons prochainement). L’étape suivante va consister à "faire peau neuve". En attendant cette suite, si vous avez des difficultés à faire ce travail ou des idées à ajouter, vous pouvez les écrire en commentaire pour favoriser un enrichissement mutuel.
Deuxième contact pratique "à la découverte de soi" :
De préférence, vous devez avoir fait le sujet précédent. Cette analyse est donnée dans l’idée d’un accompagnement ; vous devez trouver par vous-même le moyen d’en faire quelque chose d’adapté à votre besoin.
1e étape (Temps estimé 30 minutes.) :
Prendre une feuille de papier A4 dans le sens de la largeur, tirer deux traits équidistants dans le sens vertical et y inscrire, à gauche "mes compétences" et au milieu "mes lacunes". Laissez la colonne de droite vide pour le moment.
"mes compétences" : Écrivez ici vos capacités innées, celles que vous avez acquises, celles qui vous valorisent, etc. ; séparez-les si vous le souhaitez ; c’est votre sentiment personnel qui prévaut, éventuellement, ce que les autres pensent de vos talents, de votre expérience.
"mes lacunes" : Écrivez ici les comportements que vous estimez insuffisants pour vous distinguer des autres, ainsi que les situations qui vous font penser qu’elles vous dévalorisent. C’est à la fois votre sentiment personnel, mais aussi l’image que vous renvoie les autres.
Note pour progresser :
Vous rencontrerez probablement des difficultés à remplir une colonne plutôt que l’autre. C’est cette difficulté qu’il faudra chercher à comprendre : je vous invite à peser cette résistance à travers votre histoire familiale, puis dans le contexte professionnel et enfin dans le milieu social. Vous devrez aussi noter l’impact de la suggestion des autres sur votre comportement ou sur votre manière de penser et décider si c’est acceptable ou non. Normalement, certaines idées devraient rejoindre ce que vous avez écrit dans l’exercice précédent.
2e étape (Temps estimé 10 minutes.) :
Dans la colonne de gauche, placez un numéro chronologique devant vos idées afin de les considérer par ordre d’importance. Dans la colonne du milieu, placez un numéro devant vos idées en fonction des priorités que vous leurs donnés actuellement. Vous pouvez maintenant écrire dans la colonne de droite, le titre suivant : "ce que je dois faire" ; laissez libre la colonne de droite pour le moment. Dans la journée, réfléchissez à vos capacités/volonté/désir à changer l’image de vous avez de vous-même. Bien entendu, vous pouvez commencer à écrire vos solutions aux fur et à mesure que vous en avez. Avancez progressivement.
Note pour progresser :
La peur d’avancer sera d’autant plus palpable que vous chercherez à vaincre votre propre inertie. Accepter-la ! C’est normal : vous faites face à l’Inconnu et une part de vous n’est pas à l’aise avec la dynamique qui tente de vous sortir de votre coquille ! Les solutions ne sont pas toujours simples à mettre en oeuvre. Il faut être patient ! L’idée maîtresse de cette étude est de chercher du bien-être, de trouver des idées pour l’améliorer (et s’améliorer) et des solutions pour l’atteindre. Alors, osez de petits changements le plus souvent possible !
Et ce n’est qu’une fois que vous serez habitués à la manière de produire de petits changements que vous serez plus confiant pour réaliser de grands changements. Paris ne s’est pas fait en un jour... !
3e étape (Temps estimé 30 minutes.) :
relisez vos prescriptions de la colonne de droite et donnez leur éventuellement un objectif de temps : cet objectif ne doit être, ni trop éloigné de votre présent, ni trop court, sauf si vous y avez suffisamment réfléchi. Avancez étape par étape, en planifiant les changements que vous souhaitez obtenir. Rappel : commencez par de petits changements avant d’entreprendre de gros changements. Votre entourage doit également être avisé des changements de comportement que vous entreprenez, peut être même qu’ils auront des idées pour vous y aider...
Note pour progresser :
La peur d’avancer n’est qu’une façade réfléchissante derrière laquelle on imagine un espace inconnu chargé de dangers et d’obstacles insurmontables. Il n’y a rien de tout cela le plus souvent. En réalité, cette peur éclaire SA peur de faire un choix sans le concours de quelqu’un d’autre, son manque de confiance en soi, les lacunes que l’on s’impose et les lacunes que les autres nous imposent, l’insécurité perçue pour des choses nouvelles, et parfois, sa peur d’aimer ou d’être aimé, sa peur de toucher ou d’être touché, etc. ; je suis persuadé que la plupart de nos peurs sont connues de nous : nous craignons seulement de les affronter, de leur donner une place en soi, peut être aussi de braver des interdits(3) : avec un peu de courage et de détermination, elles disparaissent d’elles-même progressivement. Avec le temps, on se sent plus fort et plus
serein, et bien disposé à appréhender les changements futurs.
Bilan :
le bien-être a besoin d’être cherché, découvert, comparé, étudié et valorisé. C’est pourquoi, il est nécessaire au moins une ou deux fois dans sa vie de faire par écrit un bilan de sa vie : il faut se poser les questions essentielles, celles qui devraient toujours permettre de se situer au milieu des autres, de faire des choix et d’emprunter ensuite la direction qui nous convient ; cela oblige de s’arrêter un moment pour écouter sa voix intérieure (son guide) ; un vague à l’âme ou un mal-être signifie toujours qu’il faut remettre en question le bien-être acquis : il faut vider son sac, lâcher du lest ! Même si l’on ne sait pas quelle direction prendre, le premier pas suffit à dynamiser son intention d’aller mieux : il sera toujours possible de dévier de sa route si plus tard celle-ci devenait moins sûre. La motivation au bien-être est une route sûre, croyez le bien. Nous avons donc plutôt intérêt à être d’accord avec ses choix, plutôt qu’à les subir par la force des autres. Dans une société presse-citrons ou la qualité des échanges devient de plus en plus difficile, cela n’a jamais été autant d’actualité.
« "... Mais j’ai mes limites; je sais ce qui m’appartient, et c’est moi qui décide si je le partage ou non - et il y a des choses qu’on ne partage pas. Dans un groupe comme celui-ci, avec autant de jeunes, ça pourra paraître une attitude dure ou égoïste parfois, mais, pour moi, c’est de la simple logique. Si je chasse et que j’ai un peu plus que ce qu’il me faut pour manger, j’accepte de partager, et je pense avoir le droit d’en attendre autant des autres. Mais, sache-le, je ne suis pas de ceux qui se rationnent par pure bonté d’âme; d’abord j’ai appris qu’on t’en remercie rarement, et ensuite je sais que ma capacité à chasser dépend de ma condition physique. Si je m’affaiblis par gentillesse aujourd’hui, tout le monde aura peut être faim demain si mes réflexes sont trop lents ou que je n’ai pas assez la tête à ce que je fais pour tuer ma proie; par conséquent, je protège mes intérêts aujourd’hui pour pouvoir mieux aider les autres demain. »
"Les eaux acides" de Robin Hobb
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(1) Il serait plus raisonnable de placer d’abord ses priorités en fonction de l’être plutôt qu’en fonction des besoins du groupe social dans lequel on vit. Par suite, je crois que le rendement journalier serait meilleur à tous points de vue si on tenait compte de sa personnalité et ses aspirations à les rendre efficace pour un objectif commun à d’autres personnes.
(2) Il arrive fréquemment que l’on ne souhaite pas qu’une situation évolue (sous entendu, "dans une mauvaise direction"), ce qui explique que l’on ne souhaite pas y remédier, ou alors, le plus tard possible, lorsqu’il n’est plus possible de faire autrement. C’est une perte de temps ! D’autant que ça n’enlève rien au fait que tout évolue et qu’une situation inconfortable finit toujours pas pourrir tôt ou tard, au détriment d’une situation plus confortable (de son propre choix) qui aurait pu survenir par la volonté de changement : on peut alors regretter de ne pas avoir agit plus tôt... puis se demander s’il s’agissait d’une expérience nécessaire ou pas. (3) Voir ici les croyances (des programmations) imposées par son éducation, car elles sont généralement calquées sur le modèle social et religieux ; je précise qu’il se s’agit pas de se rebeller contre le Système, mais d’y trouver sa place ! Edit du 08 avril 2012
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Livres utiles pour s’aider au quotidien :
LE BURNOUT: S’ÉPUISER PLUTÔT QUE RENONCER
"Tremblez mais osez" - Susan Jeffers
"Victime des autres, bourreau de soi-même" - Guy Corneau
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