Le langage de l'au-delà
Je ne sais pas si les défunts ont conscience de la difficulté à rendre compte et de leur présence et du message qu'ils ont envie de transmettre. Cependant, ils interviennent rarement par hasard.
Quelquefois, un Invisible se présente à moi au cours d'une séance d'harmonisation pour me demander de transmettre un message à la personne que je reçois. Je dois être sûrement en veine, car soit j'aborde le sujet du disparu parce que j'ai découvert une charge émotivo-statiques* qui m'encourage à en parler pour la libérer, soit parce que brusquement cette personne s'autorise à en parler, soit parce que quelque chose d'irrésistible nous pousse à en parler. Placé dans son contexte, je suis toujours surpris que le besoin de l'Invisible se mettent en mots très rapidement et souvent très naturellement. Cependant, bien qu'à chaque fois le chemin semble tout tracé, je manque encore d'assurance pour l'aborder à brûle pourpoint ; c'est pourquoi j'éprouve le besoin d'être renseigné à la fois sur la justesse de mes perceptions, mais aussi sur les réactions du questionné. En général, je commence par faire une description la plus précise possible du disparu ; ce ne sont pas toujours les mêmes centres d'intérêt : parfois, je le décrirai d'après ses lignes du visage, son caractère, ses vêtements, un objet qu'il affectionnait ou un événement vécu en commun. La description est sous forme de question fermée (oui ou non) et je poursuis par l'affirmative. Le défunt ne parle pas à ce moment-là, ce qui m'arrangerait quand même. Généralement, passé quelques minutes, j'arrive au moment où je livre le message. Selon le besoin, je dirais alors qu'il ou elle est là, mais ce n'est pas forcément nécessaire. Il s'avère que la réponse donnée par le défunt va souvent dans le sens des interrogations des personnes. Parfois, le message est très curieux et peut même me paraître anodin ou sans intérêt. D'ailleurs, la personne elle-même peut ne pas le comprendre.
Un jour, une jeune femme a même eut une question vraiment pertinente : "Vous parlez le polonais ?" me demande-t-elle. Je réponds "non". "C'est très curieux alors, parce que ma grand-mère ne parlait pas un mot de français, et qu'elle avait une façon de parler qui la rendait difficile à comprendre !" C'est très curieux en effet parce que je n'avais eu aucune difficulté à comprendre le message qui a, soit disant au passage, un sens. Tel autre ne reconnaîtra pas immédiatement la personne décrite et dira subitement : "Ah, oui, je vois qui c'est maintenant !". Un autre aura un rendez-vous sous la forme d'un rêve dont il ne se souviendra pas. Ces situations, où l'honnêteté de ma démarche est mise à rude épreuve, ne sont pas systématiques, mais toujours c'est très déconcertant. Il m'est aussi arrivé de faire des bourdes, par exemple quand le défunt ne voulait absolument pas que je signale sa présence. Je ne le sais qu'après ! Je pense qu'il est difficile de se prémunir contre ces actes manqués. Ce n'est pas une situation facile, et pourtant je l'accepte. Je pense aussi qu'il y a une part de réactionnel dans l'attitude des gens. Pour ma part, je continue de capter et de transmettre les messages, car je constate que c'est souvent important. Je fais cependant un peu plus attention à la façon de les communiquer. Si vous avez des conseils, je suis toute ouïe...
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