Quatre
Je pense depuis longtemps me situer à la lisière entre deux univers psychiques avec la possibilité de passer de l’un à l’autre, quand l’un des deux devient trop difficile à supporter. Si maintenant j’accepte beaucoup mieux cette idée, elle a été pendant très longtemps tellement difficile à supporter que j’ai souvent pris l’initiative de me faire aider quand je n’étais plus capable de l’assumer seul. Dans ces conditions plutôt exceptionnelles, je reconnais qu’il est tout à fait possible de se mettre en danger de mort avant que cette idée ne déclenche une réponse contraire. D’ailleurs, les « crises » se manifesteraient toujourscomme une manière de résister de toutes ses forces à l’entrée dumonde des interactions socialesdans l’univers protecteur de sa bulle psychique,pour toutsaccagersur son passage. C’est un état d'être particulier où le sentiment de vulnérabilité peut donc atteindre un point d’ébullition. Que se passerait-il s’il venait un jour à manquer d’énergie pour y faire face ? Je ne serais pas étonné d’apprendre un jour que la démence des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer trouve dans cette idée une explication rationnelle. Est-ce que ce serait une solution plus enviable aux souvenirs douloureux et à la pression sur le quotidien ? J’y vois en tout cas une possibilité, lorsque je dois à asthénie généralisée l’un des avantages de ma retraite. Une certaine analogie. Parce que cette retraite ne sera jamais un état d’inconscience, mais souvent un état d’incompréhension et parfois de solitude.
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