trois quart + 1

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Il y a 1 an, il s'est passé un événement particulier qui m’a contraint à réviser à peu près tous mes points de vue sur l’existence. J'ai été forcé à regarder avec plus d’attention le signal qui s’affichait devant mes yeux comme une alarme lumineuse rouge vif et aussi sonore que la corne de brume d’un paquebot transocéanique. C’était un truc si flagrant qu’il ne s’avérait pas possible de l’ignorer, au risque de devoir l’échanger tôt ou tard contre un organe, soit pour gagner du temps, soit pour avoir la paix. Le système végétatifavait montré peu à peu des signes de fatigue. Un douleur à la poitrine brouillait la respiration comme pour faire des économies sur la consommation de l'air. Hospitalisation éclair dans la nuit étoilée. Examen complet. Perplexité médicale. Réflexion à huis clos. La panne aurait sans doute pu être évitée, si j’avais fait le nécessaire à temps. Mais on se dit tous que « tant qu'on avance, ça peut attendre ! ». Alors, lorsque le chakra s'est bouché, j’ai été bien embêté. Son nettoyage demandait plusieurs jours à la boutique de l’évolution et plusieurs semaines de rodage dans une angoisse postnatale. Avec le temps, j’ai compris qu’il s’agissait d’une accumulation du genre de ceux qu’on imagine seulement possible chez les autres ; elle a commencé par le bore-out. « L’ennuie, c’est seulement de tourner en rond dans un garage à peu près vide ». Et comme si ça ne suffisait pas, il a ensuite été question de burn-out. « TiensBrûlons toutes les calories cérébrales dans une recherche aussi poussée dans le détail que possible ». Ah, cette inconsciente conscience de soi ! Je roulaisà bonne allure quandla route a commencé à descendre. On se figure qu'elle va remonter, mais non. On se doute seulement qu'il va se passer quelque chose. C'est d'ailleurs à ce moment-là que le mur en a profité pour traverser la chaussée. Inévitable. Pour amortir le choc, j’ai cherchéun compromis : aménagement du temps de repos, occupation dans l’esprit du jardinage zen, vitamine C et Chlorure de magnésium. Pas suffisant. J’ai donc pris le mur en pleine poire. Le choc a réveillé des blessures plus anciennes qui semblaient apparemment saigner encore pour une raison que j'ignorais. Mais parce qu’elles ne se voyaient pas, je m'étais toujours forcé à me relever encore, et encore, et après beaucoup d’efforts pour tenir debout, et seulement avec une barre d’énergie sur mon téléphone portable dans un environnement sans réseau, j’avais toujours fini par continuer à me frayer un chemin dans l’existence. J’ai rarement mis les warnings. Après le choc, l’embrayage s’est mis à patiner. Ce qui d’habitude met en relation les individus entre euxavait finit par ne plus fonctionner correctement, m’obligeant à des efforts de plus en plus coûteux pour gagner en adhérence. C’est malheureusement un motif de rupture assez fréquent. Malgré lesnombreuses tentatives pour sortir du circuit fermé du déni de soi, je n’avais pas compris que je n'avais plus la maîtrise de moi-même. Juste celle de me donner l’illusion de l'être. L’impulsion du bien-être étaitréduite à son stricte minimum. La satisfaction d'être créatif avait fait ses valises et claquée la porte derrière elle. Ce qui explique que je ne trouvais pas de solution. J'ai alors cessé de travailler. Chose curieuse, il n'y a jamais d'appel dans cette période là. Solution raisonnable d'une main invisible attentive à cet état-là. Ça prend du temps de réparer ces choses-là. Il y a toujours quelque chose qui retarde le moment de reprendre la route. On imagine rarement les conséquence d'une crevaison par exemple ou la perte de régime du moteur cérébral. Je raconte tout ça pour que l'on comprenne que la santé comme le bien-être sont des affaires sérieuses, et qu'il est beaucoup plus facile de perdre l'un ou l'autre par négligence. Cette expérience m'a demandé d'apprendre à me respecter. Je pensais que c'était clair pourtant. Pas vraiment. Le respect préfère les actes aux belles paroles.

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