Au nom de l'Invisible
S'il n'existe autant de réalités qu'il existe d'individus, il n'existe cependant qu'une seule réalité dans laquelle il est possible de toutes les expérimenter.
Au tout début de ce voyage, j'interpellais souvent les Invisibles afin de connaître leur provenance ou une façon de les nommer. En fait, il est arrivé très très rarement qu'ils y répondent spontanément. De leur part, ce n'était pas un manque de savoir vivre, ni du dédain, mais de ma part un manque de facultés ne me permettant pas, comme eux, de tout connaître d'une personne sans avoir besoin de le demander. Le besoin de relier mes perceptions aux perceptions des autres a finalement contribué à les aiguiser. Ce n'était pas volontaire, mais cela s'inscrivait dans une démarche de compréhension de mon environnement. Tout bien considéré, ce sont les défunts qui m'ont le plus aidé sur ce terrain, car les informations qu'ils me communiquaient pouvaient être vérifiés. Ensuite, vint le tour des malades. C'est à partir de cet moment-là que l'environnement s'est montré bien plus complexe que mes yeux me le montraient, et bien moins cloisonné qu'on ne le laissait croire. Depuis j'ai réalisé que ce besoin de preuve voilait une réalité bien plus éclatante. En effet, nous pensons habituellement que nous devons faire un effort pour voir les Invisibles, que c'est à eux de prouver leur existence, je leur demande en plus de signaler leur intention, alors que c'est à nous d'apparaître meilleur : de toute évidence, nous ne vivons pas dans un monde différent, mais dans un monde de consciences différentes. Pour nous, les émotions sont le point de départ de notre développement et le moteur logique de ce mouvement ; nos facultés supra-sensorielles dépendent donc de notre façon de raisonner. Pourtant, ce n'est pas tant la logique, la peur, la spiritualité, les qualités de coeur ou l'ouverture d'esprit, (apparence) qui sont importants ici, mais tout ce que nous en faisons au quotidien par notre interaction sociale (substance). Généralement, nos échanges avec les autres - Invisibles ou non - sont difficiles parce que nous situons notre conscience de soi en dehors d'un point de vue collectif - parce que cela nous demande plus d'efforts probablement. Or, dès que l'on se libère des entraves qui nous maintiennent dans cette sorte d'inertie mentale, à ce moment-là seulement, les Invisibles commencent à nous solliciter pour nous libérer de plus en plus de notre conscience de soi. Le seul point de vue, notre élévation, qui diffère ensuite, dépend vraisemblablement de l'instructeur* qui nous assiste dans notre évolution, selon le type de causalité qui nous caractérise en propre : notre rapport à la matière.
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