Rêve prémonitoire

Trois jours avant le 14 juin 2008, j'ai fait un rêve dans lequel ma femme s'endormait au volant (je dormais profondément sur le siège passager), un camion déboîtait subitement devant nous et nous le percutions par l'arrière sans pouvoir réagir. 

Curieusement, il s'est avéré que nous devions assister au mariage d'un cousin à 700 km de là. Ne sachant pas s'il s'agissait d'un rêve prémonitoire, ni s'il coïnciderait avec ce déplacement, j'ai préféré prendre le volant sur la totalité du parcours. Ma femme dormit à l'aller et au retour, chose qui ne lui arrive jamais ; lorsque j'évoquais ce rêve avec elle quelques jours plus tard, elle me dit qu'elle avait été prise d'une envie irrésistible de dormir et qu'elle avait plutôt bien accueillir le fait que je conduise. Pendant le trajet à l'aller, je surveillais attentivement les véhicules venant par l'arrière, je respectais les distances de sécurité et je faisais très attention à mes dépassements lorsque je croisais des camions. Le seul indice dont je disposais au sujet de la semi-remorque était que ses portes arrières étaient blanches sans aucune inscription. À l'approche de ce genre de véhicule, je faisais donc un peu plus attention à l'environnement immédiat. Il ne se produisit pourtant rien ce jour-là. Le mariage fut également très réussit. Au retour, mon attention déclina progressivement. Je n'étais plus vraiment convaincu par le risque d'un carambolage. Je limitais alors mon attention aux seules semi-remorques dont les portes étaient blanches. Puis, la route devint nettement plus monotone, et le dépassement de rares voitures augmenta le laisser-aller. Après quelques heures de route sur une trois voies pratiquement déserte, à la sortie d'une grande courbe, je vis au loin un camion de 3,5T qui roulait tranquillement sur la voie de droite. Sa caisse était blanche ainsi que ses portes arrières. Je me rapprochais lentement de lui, plutôt indifférent, et à deux cents de mètres environ, je commençais à le dépasser. À cent cinquante mètres, il n'y avait toujours rien de suspect, ni à l'avant, ni à l'arrière. Seulement à cent mètres, le véhicule devant moi fît soudain une embardée. J'ai supposé qu'il évitait quelque chose sur la route, car il se retrouvait rapidement à cheval sur deux voies avant de regagner celle de droite. Je freinais tranquillement sans quitter ma voie et en jetant un coup d'oeil dans le rétroviseur. En dépassant ce véhicule, il m'a semblé que le type fouillait quelque chose dans sa cabine. Ce fut réellement le seul incident de la journée.

Dans les faits, il est facile d'affirmer que le rêve n'est pas prémonitoire, et bien heureusement l'accident n'a pas eu lieu. De plus, les événements me présentent un 3,5T à deux essieux à la place d'une semi-remorque à trois essieux dans le rêve. Bien sûr, l'embardée est présente dans les deux cas (pour une raison que j'ignore, dans le rêve). Ce qui caractérise surtout les deux véhicules, c'est la lenteur de leur déplacement. Même si je n'ai pas eu de réflexes instinctifs pour me sortir de ce mauvais pas, je suppose que les risques auraient été réels si j'avais été somnolant ou à moitié endormi. Depuis ce jour-là, je fais bien plus attention à mes alarmes intuitives qu'à la circulation proprement dite.

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